Campagne de restauration
en 1992 / 1993
de Courtlinne à Juliette

Pour faire renaître dans son ancienne splendeur le yacht à peine acquis et ramené par cargo de Baltimore (USA) au Havre,  Giorgio Lo Stimolo lance une   importante campagne de restauration confiée au chantier Marguerie de Choisy le Roi en aval de Paris.

De l’hiver 1991 à l’été de 1993, plus de 2 ans de travaux réalisés à flot ont occupé charpentiers marine, menuisiers, chaudronniers, ébénistes, peintres, électriciens, etc. en sus des techniciens des divers fournisseurs.

Pour la navigation

 

Le plan de pont a été repensé avec Alexandre Deleule, architecte naval dans la perspective de naviguer en équipage réduit en toute sécurité dans le cadre d’un programme de plaisance et non de régate. La réalisation du projet nécessitait l’acquisition et l’installation de nombreux nouveaux équipements :

 

  • La bôme en place trop courte faite de deux pièces de bois doit être remplacée. La pièce d’enrouleur est récupérée sans être réutilisée (elle le sera 16 ans plus tard, en 2008). Une nouvelle bôme en aluminium est conçue et réalisée par Thierry Petitjean d'Antibes mât.

 

  • 12 winchs self-tailing sont commandés à Barient pour équiper le pont et le mât. Le winch de l’écoute de grand-voile et les deux winchs d’écoute du génois babord et tribord sont à commande électrique.

 

  • Le chantier fabrique de nouvelles cadènes en Inox pour remplacer les précédentes.

 

  • le mât et le haubanage sont révisés.

 

  • un enrouleur PROFURL ED 52 commandé depuis le cockpit est prévu  pour le génois sur étai Rod Riggarna  de 12,7 mm.

 

  • Lewmar fournit l’accastillage, les chariots, poulies, avaleurs, bloqueurs et les rails :

    • pour la grand-voile un rail est ajouté devant le dog house

    • le rail et le chariot installés devant le mât pour la trinquette, sont cintrés pour la rendre auto-vireuse, ce  qui évite d’avoir à aller devant le mât par gros temps et facilite les manœuvres.

 

  • Pour le  mouillage, un guindeau électrique Lofrans de 3.5 cv avec 3 barbotins remplace le petit guindeau adapté à des chaines de 8 et 12 mm jugées insuffisantes pour tenir par mer agitée les quasi 50 tonnes du voilier.

 

  • Le double puit à chaîne fermé par une porte étanche reçoit deux fois 100 m de chaînes de 16 et 14 mm.

 

  • Le volant de commande du pas variable qui était positionné derrière le cockpit (et exigeait l’intervention d’un marin musclé) est remplacé par un joystick (positionné devant le barreur) relié à un moteur électrique placé sous le plancher du carré.

 

  • Le pont précédemment plastifié sur les planches de teck d’origine est patiemment décapé.

 

  • La coque, poncée à nu permet de vérifier l'extraordinaire qualité du teck des bordées et leur parfait état de conservation qui pourraient être vernies; elles sont repeintes en blanc, comme à l'origine. 

 

Depuis sa voilerie Doyle à Fréjus Florence Legrand dessine et réalise le nouveau jeu de voile en dacron : GV, génois et trinquette qui seront livrés et essayés en 1993 à Deauville.

L’équipement du bord

 

  • Deux WC broyeurs électriques marins sont installés dans les cabinets de toilette, l’un à babord, l’autre à tribord, et sont reliés à une caisse septique à eaux noires de 400 litres en passant par un dispositif Raritan de traitement des eaux agréé US Coast Guard.

 

  • Trois réservoirs inox totalisant 600 litres d’eau sont installés à l’arrière avec un groupe de pression avec réservoir tampon de 20 litres et un chauffe-eau électrique de 70 litres.

 

  • Un lave-vaisselle 6 couverts trouve sa place dans la cambuse

 

  • un groupe électrogène Mase Marine de 8kw est installé dans la salle des machines à tribord à côté du moteur pour fournir l’électricité nécessaire à tous ces nouveaux équipements électriques en navigation et au mouillage. Le tableau électrique reste positionné dans la cuisine au-dessus du moteur auxiliaire, mais s’est agrandi pour s’adapter au plus grand nombre d’équipements.

 

  • pour le gazole, l’ancien réservoir est remplacé par un nouveau de 400 litres en inox, un autre réservoir de 82 litres est dédié au générateur.

 

Les emménagements intérieurs

 

Les aménagements intérieurs ont fait l'objet d'une soigneuse restauration  en vue de restituer au yacht sa classe d’origine tout en lui conservant le charme de son âge. 

 

  • le carré et les deux cabines arrière et à côté de la descente ont été remis dans leur état d’origine. 

 

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    Une cabine a été créée à l’avant dans l’ancien poste d’équipage  et une deuxième salle de douche est aménagée à tribord à côté du mât cabinet de toilette à tribord

 

  • 6 mois de minutieux décapages ont enlevé des parois d’acajou l’épaisse couche de peinture qui les recouvrait avant de les vernir, comme elles l'étaient à l'origine.

 

  • Les poignées de porte et pièces de nez de marche ont  été rechromées, certaines pièces étant conservées telles quelles et montrant  leur âge,

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  • La table du carré confiée à des ébénistes pour être remise à neuf et revernie et les canapés du carré refaits par un tapissier arriveront à bord un jour avant de quitter le chantier.

Les démarches administratives de dédouanement et d'agrément du voiler ont pu être menée à terme au cours de ces deux années, permettant de l'immatriculer à Rouen en 1993, après sa sortie de chantier.